Julius Caesar — Il a franchi un fleuve et mis fin à une République. Six ans plus tard, son propre Sénat l'a poignardé vingt-trois fois.
Il a franchi un fleuve et mis fin à une République. Six ans plus tard, son propre Sénat l'a poignardé vingt-trois fois.
Le 10 janvier 49 av. J.-C., Gaius Julius Caesar se tenait sur la rive sud d'un modeste cours d'eau nommé le Rubicon. Derrière lui : huit années de conquête, une armée aguerrie au combat, et cette célébrité qui rend les sénateurs nerveux. Devant lui : la guerre civile, le pouvoir absolu, et vingt-trois coups de poignard sur le sol du Sénat. Aucune figure de l'histoire occidentale ne comble l'abîme entre la République et l'Empire aussi parfaitement que César — un homme qui fut à la fois le plus grand champion de Rome et l'architecte de sa métamorphose en quelque chose que ses fondateurs n'auraient pas reconnu.
“Veni, vidi, vici.”
100–44 av. J.-C.
Né au sein de l'ancienne mais modeste famille des Julii, dans la Subura, l'un des quartiers les plus rudes de Rome. Assassiné aux Ides de Mars, au faîte de sa puissance. Cinquante-six années qui remodelèrent le monde occidental.
8 ans
De 58 à 50 av. J.-C., César mena une guerre implacable à travers la France, la Belgique et une partie de l'Allemagne actuelles — la plus grande conquête territoriale de l'histoire romaine.
300+
Un million de Gaulois tués, un autre million réduits en esclavage. Trois cents tribus placées sous la domination romaine. Ces chiffres sont ceux de César lui-même — et ses ennemis ne les ont jamais contestés.
23
Le 15 mars 44 av. J.-C., une conjuration de soixante sénateurs se jeta sur César avec des dagues sur le sol du Sénat. Vingt-trois coups portés. Un seul fut fatal.
Dictateur romain, génie militaire, réformateur politique, conquérant de la Gaule
Événements fondateurs
La Guerre des Gaules
En huit années de campagnes incessantes, César conquit toute la Gaule — la France, la Belgique et une partie de l'Allemagne actuelles —, écrasa le brillant Vercingétorix au siège d'Alésia, et étendit le territoire romain jusqu'à l'Atlantique. Ses légions jetèrent un pont sur le Rhin, envahirent la Bretagne à deux reprises, et combattirent dans des conditions allant des forêts de Germanie aux marais de l'Armorique. Son propre récit de la guerre, Commentarii de Bello Gallico, demeure l'une des grandes œuvres de la littérature militaire — mi-journal de campagne, mi-propagande politique, rédigé à la troisième personne avec une clarté et une économie de style que les latinistes étudient encore deux mille ans plus tard.
Le Franchissement du Rubicon
Lorsque le Sénat ordonna à César de licencier ses légions et de rentrer à Rome en simple citoyen — où ses ennemis attendaient pour le poursuivre en justice —, il prit la décision qui sonna le glas de la République romaine. Le 10 janvier, il fit marcher la Treizième Légion au-delà du Rubicon, en territoire italien, un acte de trahison passible de mort. "Alea iacta est" — le sort en est jeté — devint l'une des formules les plus célèbres de l'histoire, et "franchir le Rubicon" entra dans toutes les langues comme métaphore du point de non-retour. En quelques semaines, Pompée et la majorité du Sénat avaient fui Rome. En quelques mois, César contrôlait l'Italie sans livrer bataille.
Le Calendrier Julien
L'ancien calendrier lunaire de Rome s'était tellement écarté de l'année solaire que les fêtes hivernales tombaient en automne et les célébrations de la moisson en été. César, conseillé par l'astronome alexandrin Sosigène, imposa une réforme radicale : un calendrier solaire de 365 jours avec une année bissextile tous les quatre ans. Pour réaligner le calendrier, l'an 46 av. J.-C. fut prolongé à 445 jours — les Romains l'appelèrent « la dernière année de la confusion ». Le calendrier julien demeura la référence en Europe pendant plus de 1 600 ans et constitue le fondement du calendrier grégorien encore en usage aujourd'hui. Le mois de juillet porte son nom.
Frise chronologique
Naissance dans la Subura
Né au sein de l'ancienne mais modeste famille des Julii, dans l'un des quartiers les plus rudes de Rome. Sa famille prétendait descendre de Vénus par l'intermédiaire d'Énée — une généalogie politiquement utile et presque certainement fictive. Son père était un sénateur de second rang. Sa mère, Aurelia, était une femme redoutable.
Défi lancé à Sylla
Le dictateur Sylla ordonna au jeune César de répudier son épouse Cornélie, fille de Cinna, l'ennemi de Sylla. Il refusa — l'un des rares hommes à Rome assez courageux, ou assez insensé, pour braver Sylla en face. Il fut dépouillé de son héritage et contraint de se cacher. Les partisans de Sylla plaidèrent pour la clémence : « En ce garçon, je vois bien des Marius », aurait déclaré Sylla.
Capturé par des pirates
Enlevé par des pirates ciliciens alors qu'il traversait la mer Égée. Ceux-ci fixèrent sa rançon à vingt talents d'or. César rit et leur dit de demander cinquante — il valait plus que vingt. Durant sa captivité, il plaisanta en disant qu'il reviendrait les crucifier. Une fois la rançon payée, il arma une flotte, traqa les pirates et tint parole.
Le Premier Triumvirat
Forma une alliance secrète à trois avec Pompée le Grand — le général le plus célébré de Rome — et Crassus, l'homme le plus riche de la République. Ensemble, ils contrôlaient le Sénat, les armées et le trésor. Ce n'était pas un gouvernement. C'était une conjuration de trois hommes trop puissants pour que la République puisse les contenir.
Conquête de la Gaule
Huit années de guerre qui soumirent la France actuelle, franchirent le Rhin en Germanie et envahirent la Bretagne. Un million de Gaulois tués, un autre million réduits en esclavage. César se forgeait une réputation militaire qui rivalisait avec celle de Pompée, et une armée plus fidèle à sa personne qu'à Rome — ce qui était précisément ce que le Sénat redoutait.
Début de la guerre civile
Franchit le Rubicon avec la Treizième Légion, déclenchant une guerre civile de quatre ans contre Pompée et le Sénat. Pompée s'enfuit en Grèce. César le poursuivit, le vainquit à Pharsale et le chassa jusqu'en Égypte — où il arriva trois jours trop tard. Pompée avait été assassiné sur la plage par des courtisans égyptiens qui cherchaient à s'attirer les faveurs de César.
L'Égypte et Cléopâtre
Arriva à Alexandrie à la poursuite de Pompée et se retrouva au cœur d'une guerre civile égyptienne. Cléopâtre, chassée du trône par son frère Ptolémée XIII, se glissa jusqu'aux appartements de César — rapportent les chroniques — enroulée dans un sac de lin. César la rétablit sur le trône, lui donna un fils, Césarion, et passa des mois sur le Nil tandis que Rome attendait.
Assassinat
Nommé dictateur perpetuo — dictateur à perpétuité —, César avait accumulé plus de pouvoir qu'aucun Romain avant lui. Le 15 mars, soixante sénateurs conduits par Brutus et Cassius l'attaquèrent à coups de dagues dans le théâtre de Pompée. Vingt-trois blessures. Une seule fatale. Sa mort ne sauva pas la République — elle la détruisit, et prépara l'avènement de l'Empire.
Figures marquantes
Pompée le Grand
Le général le plus célébré de Rome avant César, conquérant de l'Orient, et pendant un temps son beau-père — il avait épousé Julia, la fille de César. Leur alliance maintint Rome en équilibre ; la mort de Julia en 54 av. J.-C. le brisa. Pompée se rapprocha du Sénat ; César glissa vers la guerre. À Pharsale en 48 av. J.-C., César anéantit l'armée de Pompée. Pompée s'enfuit en Égypte et fut assassiné sur la plage au moment de débarquer — tué par des hommes qui espéraient acheter la faveur de César avec la tête de son rival. César pleura quand on la lui apporta.
Cléopâtre VII
La dernière pharaonne d'Égypte, polyglotte maîtrisant neuf langues, et la maîtresse de César durant les dernières années de sa vie. Elle lui donna son seul fils biologique connu, Césarion, et le suivit à Rome, où elle résida dans sa villa au-delà du Tibre, scandalisant le Sénat. Après l'assassinat de César, elle s'allia à Marc Antoine dans une tentative désespérée de préserver l'indépendance égyptienne — une tentative qui s'acheva par sa mort et l'annexion de l'Égypte comme province romaine.
L'héritage de Julius Caesar
L'assassinat de César ne sauva pas la République — il la détruisit. Les guerres civiles qui suivirent sa mort durèrent encore dix-sept ans et consumèrent la dernière génération des Romains républicains. Son héritier adoptif Octave devint Auguste, le premier Empereur, et tous les souverains qui lui succédèrent prirent le nom de César comme titre : Kaiser en allemand, Tsar en russe. Le mois de juillet porte son nom. Le calendrier qu'il réforma organise encore notre année. Et « franchir le Rubicon » demeure, vingt siècles plus tard, la métaphore universelle de la décision sans retour.
Il fut un général qui ne perdit jamais une bataille. Un écrivain dont la prose est encore étudiée. Un politique qui surpassa tous ses rivaux. Et un homme qui croyait, avec la conviction absolue du génie, que l'avenir de Rome exigeait la fin de son passé. S'il avait raison, c'est une question que deux mille ans n'ont pas tranchée. Lisez son histoire dans ses propres mots — l'ePub à la première personne vous plonge au cœur de l'esprit de César.
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