Leonardo da Vinci — Il a rempli 13 000 pages de l'avenir. Puis le monde les a perdues pendant trois cents ans.

Renaissance Artiste
Leonardo da Vinci — Il a rempli 13 000 pages de l'avenir. Puis le monde les a perdues pendant trois cents ans. — book cover

Il a rempli 13 000 pages de l'avenir. Puis le monde les a perdues pendant trois cents ans.

Naissance 1452
Décès 1519
Région Florence, Milan, France
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Le 15 avril 1452, dans la bourgade toscane de Vinci, nichée sur ses collines, un enfant illégitime naît d'un notaire et d'une paysanne. Il ne recevra aucune éducation universitaire, n'héritera d'aucun titre, et passera une grande partie de sa vie à voyager entre les cours de mécènes qui l'appréciaient pour ce que ses mains savaient créer. Et pourtant, Léonard di ser Piero da Vinci devint l'être humain le plus complet qui ait jamais vécu — un peintre dont les deux œuvres les plus célèbres demeurent les images les plus reconnues sur terre, un ingénieur qui conçut des machines volantes quatre siècles avant les frères Wright, et un anatomiste dont les dissections du corps humain surpassèrent tout ce que la science médicale produirait durant les trois cents années suivantes.

“La sagesse est fille de l'expérience.”

Vie

1452–1519

Né à Vinci, dans la République de Florence, fils illégitime d'un notaire. Mort au château du Clos Lucé, à Amboise, en France, en tant qu'hôte du roi François Ier. Soixante-sept années qui redéfinirent ce qu'un seul esprit humain pouvait accomplir.

Pages de carnets

7 200+

Léonard remplit des milliers de pages de dessins, de diagrammes, d'observations et d'inventions — rédigées dans son écriture en miroir si caractéristique. Seules environ 7 200 pages nous sont parvenues aujourd'hui, peut-être un quart de sa production totale.

Tableaux achevés

~15

Malgré sa renommée de peintre, Léonard acheva remarquablement peu d'œuvres — une quinzaine de tableaux en tout. Son perfectionnisme et sa curiosité inlassable le poussaient à abandonner bien plus d'œuvres qu'il n'en achevait.

Dissections

30+

Léonard disséqua personnellement au moins trente cadavres humains au cours de sa vie, produisant des dessins anatomiques d'une précision telle qu'ils ne furent surpassés qu'avec l'invention de la photographie.

Connu pour

Peintre de la Joconde et de la Cène, inventeur, anatomiste, ingénieur et polymathe suprême de la Renaissance

Événements fondateurs

The Last Supper by Leonardo da Vinci, 1495–1498, Santa Maria delle Grazie, Milan
1495–1498

La Cène

Commandée par Ludovic Sforza, duc de Milan, Léonard peignit Il Cenacolo sur le mur du réfectoire de Santa Maria delle Grazie. Plutôt que la technique traditionnelle de la fresque, il expérimenta l'huile et la tempera sur plâtre sec — un choix qui lui offrit un contrôle sans précédent sur la couleur et le détail, mais qui condamna l'œuvre à se détériorer dès les années suivant son achèvement. La composition, saisissant l'instant où le Christ vient d'annoncer sa trahison, révolutionna la peinture narrative. Chaque apôtre réagit avec une émotion qui lui est propre — choc, déni, colère, chagrin — tandis que la perspective mathématique fait converger chaque ligne vers la tête du Christ, au point de fuite.

Mona Lisa by Leonardo da Vinci, c. 1503–1519, Musée du Louvre, Paris
v. 1503–1519

La Joconde

Le portrait de Lisa Gherardini, épouse du marchand florentin Francesco del Giocondo, devint le tableau le plus célèbre au monde — non par la gloire immédiate de la Renaissance, mais par des siècles de mystère accumulé. Léonard y travailla pendant des années, l'emportant avec lui de Florence à Milan, puis à Rome et en France, sans jamais le déclarer achevé. La technique du sfumato — des couches de glacis translucide si fines qu'elles demeurent invisibles à l'œil nu — confère à l'expression du sujet son ambiguïté légendaire. Elle sourit, ou peut-être pas. Elle vous regarde, ou peut-être regarde-t-elle au-delà de vous. Léonard avait compris que l'image la plus puissante est celle que le spectateur achève dans son propre esprit.

Vitruvian Man by Leonardo da Vinci, c. 1490, Gallerie dell'Accademia, Venice
v. 1490

L'Homme de Vitruve

Ce dessin à la plume et à l'encre, représentant un homme inscrit simultanément dans un cercle et un carré, devint l'image emblématique de la Renaissance — la fusion de l'art, des mathématiques et du corps humain. S'appuyant sur les proportions décrites par l'architecte romain Vitruve, Léonard corrigea et affina la formule antique par la mesure directe de la forme humaine. Le dessin démontre que le nombril est le centre du cercle (bras et jambes tendus) tandis que l'aine est le centre du carré (bras levés). C'est à la fois une démonstration géométrique, une étude anatomique et une déclaration philosophique : l'homme est la mesure de toute chose.

Frise chronologique

1452

Naissance à Vinci

Né le 15 avril dans la bourgade toscane de Vinci, fils illégitime de Ser Piero da Vinci, notaire prospère, et de Caterina, jeune paysanne. Son illégitimité lui interdisait la profession de son père, l'éducation universitaire et l'accès à la plupart des corporations — un handicap social qui, paradoxalement, allait le libérer pour poursuivre le savoir selon ses propres termes.

v. 1466

Entrée dans l'atelier de Verrocchio

Vers l'âge de quatorze ans, Léonard entre en apprentissage chez Andrea del Verrocchio, à Florence — l'un des ateliers les plus importants d'Italie, produisant peintures, sculptures, orfèvrerie et projets d'ingénierie. Il y apprit le dessin, la peinture, la sculpture et la mécanique pratique qui allaient façonner sa carrière d'ingénieur.

1472

Reçu maître

Inscrit comme maître à la Guilde de Saint-Luc, la corporation des peintres de Florence. Malgré cette qualification, il demeura encore plusieurs années dans l'atelier de Verrocchio. Selon Vasari, lorsque Léonard peignit un ange dans le Baptême du Christ de Verrocchio, le maître se trouva si surpassé qu'il jura de ne plus jamais peindre.

1482

Départ pour Milan

Léonard rédigea une célèbre lettre à Ludovic Sforza, duc de Milan, proposant ses services avant tout comme ingénieur militaire — énumérant dix catégories de machines de guerre, de ponts et d'engins de siège avant de mentionner, presque en passant, qu'il savait également peindre. Il allait passer dix-sept ans à Milan, la période la plus féconde de sa vie.

1495–1498

La Cène

Peint Il Cenacolo sur le mur du réfectoire de Santa Maria delle Grazie. Le prieur se plaignit au duc que Léonard passait parfois une journée entière à fixer le mur sans toucher un pinceau. Léonard répondit que le plus grand effort de l'esprit prend parfois les apparences de l'inaction — et qu'il cherchait encore le visage de Judas.

v. 1503

Débute la Joconde

Chargé de peindre le portrait de Lisa Gherardini, épouse du marchand de soie florentin Francesco del Giocondo. Léonard allait travailler à ce tableau par intermittence jusqu'à la fin de sa vie, sans jamais le livrer à son commanditaire, l'emportant de ville en ville tandis qu'il affinait sa technique du sfumato jusqu'à une perfection imperceptible.

1504

La Bataille des Géants

Le gouvernement florentin commanda à Léonard et à Michel-Ange de peindre des scènes de bataille rivales sur les murs opposés de la Grande Salle du Conseil, au Palazzo Vecchio — la compétition artistique la plus attendue de la Renaissance. Léonard choisit la bataille d'Anghiari ; Michel-Ange, la bataille de Cascina. Aucune des deux œuvres ne fut achevée. Les deux cartons préparatoires sont perdus.

1519

Mort à Amboise

Mort le 2 mai au château du Clos Lucé, à Amboise, en France, en tant qu'hôte du roi François Ier. Le récit célèbre de Vasari prétend que le roi tint la tête de Léonard entre ses mains à l'instant de sa mort, bien qu'il s'agisse probablement d'une légende. Il fut enseveli dans la chapelle Saint-Hubert du château d'Amboise. Il légua ses carnets à son fidèle disciple Francesco Melzi.

Figures marquantes

Laurent de Médicis
Mécène et protecteur

Laurent de Médicis

Laurent le Magnifique, maître de facto de Florence et plus grand mécène de la Renaissance, compta Léonard parmi les artistes gravitant dans son orbite durant les années 1470 et le début des années 1480. Leur relation fut complexe — Laurent favorisait plus ouvertement Botticelli, puis le jeune Michel-Ange, et c'est pourtant lui qui recommanda Léonard à Ludovic Sforza à Milan, un geste tenant à la fois du mécénat et du présent diplomatique. La mort de Laurent en 1492 plongea Florence dans le chaos de Savonarole et des invasions françaises, mettant fin à l'âge d'or qui avait nourri le génie de Léonard.

Michel-Ange Buonarroti
Rival

Michel-Ange Buonarroti

De vingt-trois ans le cadet de Léonard, Michel-Ange était tout ce que Léonard n'était pas — provocateur, profondément pieux, et d'une productivité acharnée. Leur rivalité était à la fois personnelle et publique. Michel-Ange raillait Léonard dans les rues de Florence pour n'avoir jamais achevé sa statue équestre à Milan ; Léonard, dit-on, qualifiait les sculpteurs de Michel-Ange d'hommes couverts de poussière de marbre comme des boulangers de farine. Lorsque Florence les opposa l'un à l'autre dans la Bataille des Géants, la ville entière prit parti. Ils ne partageaient qu'une seule conviction : que l'art était le plus grand accomplissement humain. Sur tout le reste, ils étaient en désaccord.

Leonardo da Vinci
L'homme qui voyait plus loin que son siècle ne pouvait le suivre.

L'héritage de Leonardo da Vinci

Léonard de Vinci mourut en ne possédant presque rien — quelques vêtements, des livres, les outils de son art, et des milliers de pages de notes que son disciple Francesco Melzi consacrerait sa vie entière à ordonner, et que le monde mettrait cinq siècles à tenter de comprendre. Il n'acheva pas vingt tableaux. Il ne construisit aucune de ses machines volantes, ne coula aucun de ses colossaux chevaux de bronze, et ne publia aucune de ses découvertes scientifiques. Selon les mesures ordinaires de la réussite, il fut un homme d'un magnifique échec.

Mais ces mesures sont erronées. Le véritable héritage de Léonard ne réside pas dans ce qu'il acheva — il réside dans ce qu'il vit. Il vit que l'art et la science n'étaient pas des disciplines séparées, mais des lentilles différentes posées sur une même réalité. Il vit que le vol des oiseaux, le cours de l'eau, l'anatomie du cœur et la chute de la lumière sur la joue d'une femme obéissaient tous aux mêmes lois. Il vit l'avenir. Découvrez son histoire dans ses propres mots — cet ePub à la première personne vous plonge au cœur de l'esprit de l'être humain le plus extraordinaire qui ait jamais vécu.

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