Joan of Arc — Paysanne à 13 ans. Générale à 17 ans. Brûlée à 19 ans.

Moyen Âge Révolutionnaire
Joan of Arc — Paysanne à 13 ans. Générale à 17 ans. Brûlée à 19 ans. — book cover

Paysanne à 13 ans. Générale à 17 ans. Brûlée à 19 ans.

Naissance c. 1412
Décès 1431
Région France
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Au printemps de 1429, une jeune fille de dix-sept ans venue d'un village de Lorraine entra à cheval dans la ville assiégée d'Orléans à la tête d'une colonne de secours, et tout changea. Elle se nommait Jehanne d'Arc — Jeanne d'Arc — fille d'un laboureur, une enfant qui n'avait jamais tenu une épée. Depuis trois ans, elle entendait des voix : saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite, lui ordonnant de chasser les Anglais de France et de conduire le Dauphin non sacré jusqu'à son couronnement. Elle avait traversé un territoire hostile pour rejoindre la cour du Dauphin, convaincu des soldats aguerris et des hommes d'Église méfiants de l'armer, et se tenait à présent devant les portes d'une cité assiégée depuis sept mois. Elle lèverait ce siège en neuf jours. En trois mois, elle couronnerait un roi. En deux ans, elle serait morte.

“Je ne crains pas les hommes d'armes ; mon chemin m'a été tracé bien droit devant moi.”

Années de vie

v. 1412–1431

Née à Domrémy-la-Pucelle, un village du duché de Bar, à la frontière entre la France et le Saint-Empire romain germanique. Exécutée le 30 mai 1431, place du Vieux-Marché à Rouen, à l'âge d'environ dix-neuf ans. En l'espace des deux années qui séparent son arrivée à la cour du Dauphin, en mars 1429, de son exécution, elle changea le cours de la guerre de Cent Ans et devint la femme la plus célèbre d'Europe.

Jours pour Libérer Orléans

9

Le siège d'Orléans avait commencé le 12 octobre 1428. Les forces anglaises et bourguignonnes encerclaient la ville depuis sept mois, coupant ses lignes d'approvisionnement, et le moral français s'était effondré. Jeanne arriva le 29 avril 1429. Le 8 mai, les Anglais avaient abandonné toutes leurs fortifications et s'étaient retirés. Neuf jours entre son entrée dans la ville et la levée du siège — le premier succès militaire français d'importance depuis une génération.

Âge du Commandement

17

Jeanne avait dix-sept ans lorsqu'elle conduisit la délivrance d'Orléans, puis la campagne de la Loire qui anéantit les armées anglaises en rase campagne à Patay, le 18 juin 1429. Elle n'avait reçu aucune formation militaire. Son instinct tactique — offensif, tranchant, sans cesse tourné vers l'avant — était à l'opposé des prudents capitaines français qui perdaient la guerre depuis des décennies. Les vétérans qui l'avaient d'abord raillée suivaient ses ordres en l'espace de quelques semaines.

Âge à l'Exécution

19

Capturée par les forces bourguignonnes à Compiègne le 23 mai 1430, vendue aux Anglais, jugée pour hérésie par un tribunal ecclésiastique présidé par l'évêque de Beauvais, Pierre Cauchon — un Français au service des intérêts anglais —, condamnée, puis brûlée vive le 30 mai 1431. Vingt-cinq ans plus tard, le pape Calixte III rouvrit le procès et annula le verdict. En 1920, elle fut canonisée. Les Anglais avaient brûlé une sainte.

Connu pour

La jeune paysanne qui entendit les voix des saints, mena la France à la victoire, et fut brûlée vive à dix-neuf ans

Événements fondateurs

Joan of Arc at the Siege of Orléans, c. 1886–1890 — Jules Eugène Lenepveu, Panthéon murals
29 avril – 8 mai 1429

Le Siège d'Orléans

Orléans était la dernière grande ville de la Loire encore fidèle à la cause valoise. Si elle tombait, la route du sud s'ouvrirait et les prétentions de Charles VII au trône seraient anéanties. Jeanne arriva avec un convoi de ravitaillement le 29 avril, entra dans la ville ce soir-là au milieu de scènes de liesse populaire — la foule se pressant autour de son cheval, cherchant à toucher son armure et sa bannière — et se mit aussitôt à presser les chefs hésitants de passer à l'attaque. Le 4 mai, les Français prirent d'assaut la forteresse anglaise de Saint-Loup sans ses ordres, et elle se précipita, furieuse d'avoir été laissée en arrière. Elle combattit avec eux, les entraîna, et la garnison anglaise fut tuée ou capturée. Quatre fortifications supplémentaires tombèrent dans les jours suivants. Le 7 mai, Jeanne fut atteinte au cou par un carreau d'arbalète anglais. Elle l'arracha elle-même, pria, et retourna au combat. Les commandants anglais, observant depuis les murs des Tourelles, auraient cessé de combattre pour la regarder, dit-on. Le 8 mai, le siège était levé.

Joan of Arc at the Coronation of Charles VII, 1854 — Jean-Auguste-Dominique Ingres, Louvre Museum
17 juillet 1429

Le Sacre de Reims

Après Orléans, Jeanne insista pour marcher directement sur Reims — trois cents kilomètres à travers un territoire hostile tenu par les Bourguignons — afin d'y faire sacrer Charles VII. Tous les conseillers militaires jugeaient l'entreprise impossible. Jeanne n'était pas de cet avis. La campagne de la Loire, en juin 1429, ouvrit la route : Jargeau tomba le 12 juin, Beaugency le 16 juin, et l'armée anglaise en rase campagne fut anéantie à Patay le 18 juin, où le commandant anglais John Fastolf s'enfuit du champ de bataille et où sir John Talbot, le capitaine anglais le plus redouté de France, fut fait prisonnier. Ville après ville se soumit sans combattre à mesure que l'armée française avançait. Troyes ouvrit ses portes le 9 juillet. Reims les accueillit le 16 juillet. Le 17 juillet, dans la grande cathédrale gothique où les rois de France étaient sacrés depuis six siècles, Charles VII reçut l'onction de l'huile sainte. Jeanne se tint à ses côtés tout au long de la cérémonie, sa bannière déployée, en larmes.

Joan of Arc's Death at the Stake, 1843 — Hermann Anton Stilke, State Hermitage Museum
Janvier–mai 1431

Le Procès et le Bûcher

Le procès de Rouen ne fut pas une instance équitable mais une inquisition conçue pour aboutir à un verdict fixé d'avance. Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, avait fui son diocèse après les victoires de Jeanne et devait tout espoir de restaurer sa carrière à la seule faveur anglaise. Il présida un tribunal d'ecclésiastiques français réuni pour livrer une prisonnière française à une exécution anglaise. Les interrogatoires se poursuivirent de janvier à mai 1431. Jeanne y fit face seule, sans conseil, sans accès aux pièces réunies contre elle. On l'interrogea sur ses voix, son habit d'homme, ses prétentions à l'autorité divine. Ses réponses furent souvent remarquables — précises, sans peur, parfois d'une acuité redoutable. Le 24 mai, elle signa une abjuration et sa peine fut commuée en prison à perpétuité. Le 28 mai, on la trouva de nouveau vêtue en homme — par choix ou parce qu'on lui avait retiré ses vêtements de femme, la question demeura disputée lors de son procès en réhabilitation. Le 30 mai, elle fut brûlée vive. Son dernier mot fut le nom de Jésus.

Frise chronologique

v. 1412

Naissance à Domrémy

Jehanne naquit au village de Domrémy, dans le Barrois lorrain, aux confins orientaux de la France — un lieu où la guerre de Cent Ans n'était pas une abstraction mais une catastrophe récurrente de moissons brûlées et de familles chassées de chez elles. Son père, Jacques d'Arc, était doyen du village et laboureur de condition modeste ; sa mère, Isabelle Romée, passait pour une femme d'une piété peu commune. Domrémy elle-même était divisée : le village se trouvait à la frontière entre la France fidèle aux Valois et le territoire tenu par la Bourgogne, et la guerre traversait son quotidien.

v. 1424–1425

Les Premières Voix

Vers l'âge de douze ou treize ans — Jeanne fut précise sur ce point lors de son procès —, elle commença à entendre des voix. Elle les identifia par la suite comme celles de saint Michel, sainte Catherine d'Alexandrie et sainte Marguerite d'Antioche. Elles venaient dans le jardin de son père, tantôt à midi, tantôt au crépuscule, accompagnées de lumière. D'abord, elles lui donnèrent des instructions générales : être sage, aller à l'église, jeûner souvent. Puis, peu à peu, les ordres se firent précis. Elle devait se rendre en France. Elle devait trouver le Dauphin. Elle devait chasser les Anglais du royaume. Pendant des années, elle résista, effrayée, convaincue de se tromper sur ce qu'elle entendait. Les voix se firent plus pressantes.

1428 (mai)

Première Démarche à Vaucouleurs

Jeanne se rendit à pied jusqu'à la place forte voisine de Vaucouleurs et demanda à Robert de Baudricourt, le gouverneur militaire valois, une escorte pour la conduire à la cour du Dauphin, à Chinon. Il la renvoya et dit à son oncle, qui l'avait accompagnée, de la ramener chez elle et de lui donner des gifles. Elle rentra. Les voix se firent plus fortes. En juillet 1428, des forces anglaises et bourguignonnes mirent Domrémy à sac et le réduisirent en cendres. Les habitants s'enfuirent. Jeanne et sa famille revinrent une fois les soldats partis. La destruction de son village semble avoir endurci quelque chose en elle.

1429 (janvier–février)

Baudricourt Cède — Le Voyage vers Chinon

Jeanne retourna à Vaucouleurs en janvier 1429, plus sûre d'elle et plus pressante. Elle annonça à Baudricourt que les armées du Dauphin venaient de subir une défaite désastreuse — la journée des Harengs, près de Rouvray — avant même que la nouvelle n'atteigne la ville. Lorsque le messager arriva, quelques jours plus tard, confirmant ce qu'elle avait dit, la résistance de Baudricourt s'effondra. Il lui fournit une escorte de six hommes d'armes. Vêtue en homme, les cheveux coupés court, elle chevaucha onze jours durant à travers le territoire bourguignon pour atteindre Chinon. Elle y arriva le 6 mars 1429.

1429 (mars)

La Reconnaissance à Chinon

Le Dauphin Charles — chétif, gauche, profondément rongé par le doute sur sa propre légitimité, que sa propre mère elle-même disait, à mots couverts, illégitime — tenta de la mettre à l'épreuve. Il se dissimula parmi ses courtisans et plaça un autre homme sur son siège. Selon tous les témoignages, Jeanne alla droit à lui. Elle lui confia en privé une chose que nul autre n'aurait pu savoir — ce qu'elle lui dit n'a jamais été révélé, mais cela l'ébranla visiblement. Elle lui affirma que son trône était légitime, qu'il était le véritable roi de France, et que Dieu l'avait envoyée pour le faire sacrer. Charles, qui n'avait plus aucune option militaire, se résolut à l'écouter.

1429 (avril)

Examinée à Poitiers

Avant que Charles ne lui accordât une armure et une armée, son conseil l'envoya à Poitiers pour trois semaines d'examen par des théologiens et des docteurs de l'Église. On l'interrogea sur la doctrine, sur ses voix, sur sa virginité (confirmée par un comité de matrones). Jeanne se montra impatiente et directe. Lorsqu'un théologien affirma que si Dieu voulait chasser les Anglais, Il n'avait nul besoin de soldats, elle répondit : « Les hommes d'armes batailleront, et Dieu donnera la victoire. » Les examinateurs n'y trouvèrent rien d'hérétique. Charles lui donna une armure, un cheval de guerre, sa propre maison, et le commandement conjoint de l'armée de secours en route pour Orléans.

1429 (4–8 mai)

Orléans — Le Siège Levé

Jeanne entra dans Orléans le 29 avril et s'opposa aussitôt au prudent Jean de Dunois, le Bâtard d'Orléans, qui commandait la garnison. Elle voulait attaquer sur-le-champ ; il voulait attendre des renforts. Elle l'emporta. Entre le 4 et le 8 mai, les Français prirent d'assaut toutes les grandes fortifications anglaises autour de la ville — Saint-Loup, Saint-Jean-le-Blanc, les Augustins, les Tourelles sur le pont de la Loire. Jeanne fut atteinte par un carreau d'arbalète le 7 mai, l'ayant prédit à l'avance, et retourna à l'assaut une fois sa blessure pansée. Au matin du 8 mai, les commandants anglais rangèrent leurs hommes en ordre de bataille devant la ville — puis s'en allèrent. Le siège était terminé.

1429 (juin)

La Campagne de la Loire — Patay

Jeanne exigea que la délivrance d'Orléans fût aussitôt suivie d'une offensive pour nettoyer la vallée de la Loire et ouvrir la route de Reims. Le conseil de Charles plaidait pour la prudence. Jeanne l'emporta. En trois semaines, les forces françaises sous sa direction prirent Jargeau, Meung-sur-Loire et Beaugency. Le 18 juin, à Patay, la cavalerie française surprit les archers anglais avant qu'ils n'aient pu planter leurs pieux défensifs — un renversement d'Azincourt — et anéantit l'armée anglaise en rase campagne. Sir John Talbot fut fait prisonnier. John Fastolf fuit le champ de bataille, sa réputation en ruine. La résistance à la marche sur Reims s'effondra.

1429 (17 juillet)

Le Sacre de Reims

Charles VII fut sacré roi de France en la cathédrale de Reims le 17 juillet 1429, Jeanne à ses côtés, sa bannière déployée. Des semaines plus tôt, elle avait confié à ses voix qu'une fois le sacre accompli, elle aimerait rentrer dans son village, auprès de ses parents et de ses moutons. Les voix lui dirent qu'elle devait demeurer en France. Après la cérémonie, elle s'agenouilla aux pieds de Charles et pleura. Les témoins rapportèrent que toute la cour pleura avec elle. Elle avait dix-sept ans. Elle avait accompli ce qu'elle s'était donné pour mission. Ce qui suivit fut moins net, et bien plus périlleux.

1429 (septembre)

L'Assaut Manqué sur Paris

Jeanne réclama un assaut immédiat sur Paris, tenue par les Bourguignons et leurs alliés anglais. Le conseil de Charles s'y opposa ; le roi négociait déjà avec le duc de Bourgogne, pour qui Paris demeurait une monnaie d'échange cruciale. L'assaut du 8 septembre fut mal préparé et mené sans conviction. Jeanne conduisit l'attaque contre la porte Saint-Honoré, fut atteinte à la cuisse par un carreau d'arbalète, et dut être portée hors du fossé. L'assaut fut abandonné. Charles ordonna la retraite. Jeanne avait été blessée deux fois et avait remporté chaque engagement où on l'avait laissée combattre ; désormais, c'était l'homme qu'elle avait couronné qui la retenait.

1430 (23 mai)

Capturée à Compiègne

En mai 1430, Jeanne commandait une petite troupe tentant de dégager la ville de Compiègne, assiégée par les Bourguignons. Elle conduisit une sortie hors des portes de la ville le 23 mai. La sortie échoua ; les Français se replièrent à l'intérieur, et dans la confusion, Jeanne fut laissée hors des murs lorsque le pont-levis fut relevé. Un archer bourguignon la saisit par son surcot brodé d'or et la tira de son cheval. Elle fut livrée au duc de Bourgogne, puis vendue aux Anglais pour dix mille livres — une rançon de roi. Charles VII ne fit rien pour la sauver.

1430–1431

L'Emprisonnement et le Procès

Jeanne fut détenue au château de Bouvreuil, à Rouen, tout au long de l'hiver 1430–1431, gardée dans une prison militaire anglaise — un quartier d'hommes, enchaînée la nuit, surveillée jour et nuit par des soldats — pendant que se préparait le procès ecclésiastique. Elle tenta deux fois de s'échapper : une fois en sautant d'une tour du château de Beaurevoir, chutant d'une vingtaine de mètres et survivant, mais gravement blessée. Le procès s'ouvrit en janvier 1431. Soixante-dix chefs d'accusation furent finalement ramenés à douze. On l'interrogea sur ses voix, son habit d'homme, son refus de se soumettre au jugement de l'Église. Ses réponses remplissent des centaines de pages du procès-verbal — le témoignage personnel le plus détaillé qui nous soit parvenu d'une femme du Moyen Âge.

1431 (24 mai)

L'Abjuration — et la Rechute

Conduite le 24 mai sur une estrade du cimetière de Saint-Ouen, les instruments du supplice dressés devant elle, la sentence de mort sur le point d'être lue, Jeanne signa une abjuration — un reniement de ses voix divines, de son habit d'homme, de son défi à l'autorité de l'Église. La peine de mort fut commuée en prison à perpétuité. Ce qui se passa ensuite demeura contesté lors du procès en réhabilitation : ramenée dans sa cellule, elle fut retrouvée quelques jours plus tard de nouveau vêtue en homme. Elle déclara au tribunal avoir repris cet habit parce qu'on lui avait ôté ses vêtements de femme. Quoi qu'il en soit, elle affirma aussi que ses voix lui avaient reproché son abjuration. Elle fut déclarée hérétique relapse.

1431 (30 mai)

Brûlée Vive sur le Bûcher

Jeanne d'Arc fut brûlée vive place du Vieux-Marché à Rouen, au matin du 30 mai 1431. Un soldat anglais fabriqua une petite croix avec deux bâtons et la leva devant ses yeux tandis que les flammes montaient. Elle demanda un crucifix et le serra contre sa poitrine. Son dernier mot fut le nom de Jésus. Le bourreau, Geoffroy Thérage, confia plus tard avoir grandement craint pour son âme. Les cendres furent jetées dans la Seine afin qu'aucune relique ne pût être recueillie. Elle avait environ dix-neuf ans.

1456

La Réhabilitation

Vingt-cinq ans après son exécution, le pape Calixte III autorisa un nouveau procès. La mère de Jeanne, Isabelle Romée, comparut devant le tribunal à Paris. En deux ans, cent quinze témoins furent entendus. Le verdict de 1431 fut annulé dans son intégralité le 7 juillet 1456. Le procès de Rouen fut jugé avoir été conduit dans la fraude, la calomnie et l'iniquité. Sa mémoire fut officiellement réhabilitée. Elle fut canonisée en 1920 par le pape Benoît XV. La fête de Jeanne d'Arc est célébrée en France le 30 mai.

Figures marquantes

Charles VII de France
Le Dauphin Qu'elle Couronna

Charles VII de France

Charles VII était tout ce que Jeanne n'était pas : irrésolu, dépendant de ses conseillers, terrifié par l'action militaire, et hanté par des rumeurs de bâtardise qui paralysaient ses prétentions au trône. Lorsque Jeanne arriva à Chinon en mars 1429, il avait presque renoncé. Elle lui rendit son courage. Elle lui affirma qu'il était le véritable roi de France, l'en persuada, puis le prouva par la victoire. Il ne lui rendit presque rien en retour. Lorsqu'elle fut capturée à Compiègne, il ne fit aucun effort pour la racheter ou la sauver. Il lui survécut trente-deux ans, régna jusqu'en 1461, et finit par reconquérir sur les Anglais la totalité de la France — le royaume que Jeanne avait commencé de lui gagner à Orléans.

Jean de Dunois
Le Bâtard d'Orléans

Jean de Dunois

Jean de Dunois — fils illégitime de Louis Ier, duc d'Orléans — était le gouverneur militaire d'Orléans et le meilleur commandant français de sa génération. Il défendait la ville depuis sept mois lorsque Jeanne arriva. Sceptique d'abord, puis stupéfait, puis dévoué. Il témoigna à son procès en réhabilitation, livrant un récit détaillé et affectueux de son génie militaire, de son courage physique et de sa certitude. Il raconta comment elle lui avait dit exactement où placer ses troupes et exactement quand avancer, et comment les événements lui avaient donné raison à chaque fois. Il combattit pour la France jusqu'en 1468 et repose à Châteaudun. Il ne l'oublia jamais.

Joan of Arc
Jeanne d'Arc, 1879 — Jules Bastien-Lepage. Metropolitan Museum of Art. L'instant de son appel divin dans le jardin paternel de Domrémy, des saints apparaissant dans le feuillage derrière elle, sa main tendue en avant, son visage transfiguré.

L'héritage de Joan of Arc

Jeanne d'Arc accomplit en deux ans plus que la plupart des monarques n'accomplissent en toute une vie. Elle leva un siège qui menaçait de mettre fin aux prétentions valoises sur la France. Elle traversa un territoire hostile, défit des armées anglaises en rase campagne, et fit sacrer un roi dans la cathédrale la plus sacrée de France — tout cela avant son dix-huitième anniversaire. Puis elle fut vendue, jugée et brûlée par ceux-là mêmes que ses victoires avaient servis, et l'homme qu'elle avait couronné ne fit rien pour la sauver.

Il reste le procès-verbal : des centaines de pages de ses propres mots, ses réponses sous interrogatoire, sa défiance, ses doutes et son absolue certitude que ce qu'elle avait entendu était réel. Elle n'était ni instruite, ni versée dans les subtilités politiques, ni formée aux armes. Elle était la fille d'un laboureur d'un village frontalier qui affirmait que Dieu lui avait parlé — et qui, chose stupéfiante, fit ensuite tout ce qu'elle disait que Dieu lui avait ordonné de faire.

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